Un Prix, faute de podium…

Kévin Estre - Le Mans 2015
Kévin Estre - Le Mans 2015

 

Newsletter Kévin Estre #5-2015 du 18 juin 2015
83ème édition des 24 Heures du Mans, du 8 au 14 juin.

Kévin Estre a réussi de convaincants débuts aux 24 Heures du Mans en compagnie de deux autres « rookies », Laurens Vanthoor et Chris Cumming. Leur Ligier JS P2-Honda n°34 équipée de pneumatiques Dunlop et engagée par l’équipe OAK Racing se dirigeait vers la 4ème place de sa catégorie quand un problème de boite de vitesses a contraint l’équipage à l’abandon au cours de la 23ème heure de course. Kévin repart toutefois avec le Prix Jean Rondeau, qui récompense traditionnellement un jeune pilote Français d’avenir à l’occasion de sa première participation à la plus grande course d’endurance du monde.

Pilote d’usine McLaren GT depuis l’hiver 2013/2014, Kévin possède une vaste expérience de l’endurance. En ajoutant Le Mans à son bagage, on peut dire aujourd’hui qu’il a pris part à l’ensemble des épreuves majeures de la discipline, sur quatre des six continents ! En revanche, il n’avait encore jamais eu l’occasion de s’aligner au départ d’une course en Sport-Prototype LM P2. Ce type d’auto est légèrement moins puissant, mais plus léger que les voitures de rêve de la catégorie Grand Tourisme auxquelles le Français se consacre depuis plusieurs saisons. En outre, les LM P2 disposent d’appuis aérodynamiques plus importants, d’où la nécessité de se remettre en question au moment de piloter un tel bolide sur le juge de paix sarthois. La catégorie était plus relevée que jamais cette année. 19 engagés avaient été sélectionnés par les organisateurs, et de nombreux observateurs avertis avaient placé la n°34 dans la longue liste des candidats à la victoire…

Kévin est arrivé au Mans en provenance directe de Zolder, où il venait de courir en Blancpain Sprint Series… et de connaître un week-end de noire malchance au volant de sa McLaren 650S GT3. Heureusement, le lundi et le mardi, respectivement consacrés aux opérations de pesage et à la séance d’autographes, lui ont permis de retrouver une forme olympique. La semaine du Mans est bien remplie, avec les essais de mercredi et jeudi, puis la Grande Parade des Pilotes du vendredi. « Les essais ont été un peu difficiles car nous avons eu du mal à trouver des tours clairs entre les neutralisations et le trafic en piste. Nous avions le potentiel pour faire beaucoup mieux que le 7ème temps de la catégorie. »

Laurens Vanthoor prend le départ de la course pour un double relais, avant de passer le volant à Kévin qui en assure un triple. « Par la suite, nous n’avons fait que des triple relais et deux quadruples pendant la nuit » précise le Français. Peu avant 18 heures, il connaît une grosse frayeur en arrivant derrière un peloton de voitures au ralenti, dont les pilotes croient se trouver dans une « zône slow » à l’approche d’Indianapolis. Loïc Duval est surpris et sort violemment de la piste après avoir touché une Ferrari. Kévin passe par le même trou de souris entre la GT italienne et le rail et ce réflexe salvateur lui permet de s’en sortir sans dommages.

La Ligier JS P2-Honda n°34 occupe une belle 2ème place dans sa catégorie après quatre heures de course. « Nous avons perdu deux minutes à cause d’une vibration qui s’est révélée être une fausse alerte. Puis Chris est sorti dans un bac à graviers. La voiture n’a pas souffert mais il a fallu un bon nettoyage. Nous étions au 10ème rang à trois tours des leaders en LM P2 au cap de la 7ème heure. Chris a connu une mésaventure désagréable quand une autre voiture s’est presque arrêtée devant lui et le contact a nécessité un changement de capot. Nous avons continué à cravacher pour remonter et nous avons atteint la 4ème place à quatre heures de l’arrivée, ce qui reste un très bon résultat à ce niveau. Hélas, dans mon dernier relais, la boîte de vitesses a commencé à émettre un sifflement. Laurens a pris le volant et la boite a lâché à 1h20 de l’arrivée… »

Malgré cette immense déception, Kévin pouvait tirer de nombreuses leçons positives de sa première participation aux 24 Heures du Mans : « Je suis plutôt content de ma course, je n’ai pas fait d’erreur. L’entente a toujours été bonne avec Chris et Laurens. Ce fut une belle expérience, j’ai beaucoup appris au sein d’une équipe fantastique, et puis j’ai reçu le Prix Jean Rondeau. C’est un honneur, quand on connaît l’histoire de ce pilote-constructeur au Mans et la liste des précédents lauréats. » Ce Prix perpétue la mémoire de Jean Rondeau (1946-1985), le seul pilote à avoir remporté l’épreuve, en 1980, avec une voiture portant son nom.



Kévin courra à nouveau en France ce week-end puisqu’il prendra part à la troisième manche de la Blancpain Endurance Series au Paul Ricard avec Rob Bell et Nico Lapierre… grand vainqueur de la catégorie LM P2 aux 24 Heures du Mans !